Socrodeucitinib montre des résultats prometteurs lors de l’essai de phase 2 pour le psoriasis en plaques

Nouvelle pilule orale prometteuse contre le psoriasis en plaques dans un petit essai

Si vous souffrez de psoriasis en plaques modéré à sévère, ou si vous accompagnez quelqu’un dans cette situation, une nouvelle étude pourrait vous intéresser. Un médicament expérimental appelé socrodeucitinib (également connu sous le nom HS-10374) a aidé de nombreuses personnes à améliorer nettement, voire à faire disparaître leurs plaques lors d’un essai clinique de 12 semaines. Les résultats sont encore préliminaires, mais encourageants, et les chercheurs prévoient déjà des études plus larges.

Qu’est-ce que ce médicament et comment il agit

Le socrodeucitinib est un traitement oral qui cible une protéine appelée TYK2. Cette protéine fait partie d’un système de communication cellulaire (souvent appelé voie JAK-STAT) qui permet à certains signaux du système immunitaire d’entrer dans les cellules. Parmi ces signaux, on trouve notamment l’interleukine-12, l’interleukine-23 et les interférons de type I, qui jouent un rôle dans l’inflammation responsable du psoriasis.

Contrairement à d’autres médicaments qui bloquent plusieurs protéines proches, le socrodeucitinib est conçu pour être sélectif. Il se fixe sur une partie spécifique de TYK2, appelée domaine pseudokinase, ce qui limite son action sur d’autres protéines apparentées comme JAK1, JAK2 et JAK3. Cette sélectivité pourrait influencer à la fois son efficacité et le profil des effets secondaires.

À propos de l’étude

Il s’agissait d’un essai de phase 2, randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo. Cela signifie que ni les participants ni les chercheurs ne savaient qui recevait le médicament actif ou le placebo, et que les participants ont été répartis au hasard dans les groupes. L’étude a inclus 125 adultes atteints de psoriasis en plaques modéré à sévère, suivis dans 38 centres en Chine entre septembre 2023 et avril 2024 (Source : Han L et al., J Eur Acad Dermatol Venereol, 2026).

Les participants ont été répartis en trois groupes, prenant une pilule une fois par jour pendant 12 semaines : socrodeucitinib 6 mg, socrodeucitinib 12 mg, ou placebo. Pour participer, il fallait avoir entre 18 et 70 ans, un psoriasis en plaques depuis au moins 6 mois, un score PASI (Psoriasis Area and Severity Index) de 12 ou plus, au moins 10 % de la surface corporelle touchée, et une évaluation médicale indiquant une maladie d’intensité modérée au minimum.

Ce que l’étude a mesuré

L’objectif principal était la proportion de personnes atteignant un PASI 75 à la semaine 12. Le PASI est un score courant qui évalue la surface de peau touchée et la gravité des plaques. Un PASI 75 signifie une amélioration de 75 % par rapport au départ. Les chercheurs ont aussi rapporté des taux plus élevés de guérison, comme PASI 90 (90 % d’amélioration) et PASI 100 (guérison complète). Ils ont utilisé une autre mesure simple, l’évaluation globale statique du médecin (sPGA), où un score de 0 ou 1 correspond à une peau claire ou presque claire.

Les résultats

La dose la plus élevée, 12 mg, a donné les meilleurs résultats :

  • À la semaine 12, 72,1 % des personnes sous 12 mg ont atteint un PASI 75, contre 28,6 % sous 6 mg et 7,5 % sous placebo.
  • Un PASI 90 a été observé chez 46,5 % du groupe 12 mg, 7,1 % du groupe 6 mg, et aucun dans le groupe placebo.
  • La guérison complète de la peau (PASI 100) est survenue chez 11,6 % des patients sous 12 mg et 2,4 % sous 6 mg ; aucun participant sous placebo n’a atteint ce score.
  • À la semaine 12, 65,1 % du groupe 12 mg avaient un sPGA de 0 ou 1 (peau claire ou presque claire), contre 33,3 % sous 6 mg et 10 % sous placebo.

Des améliorations sont apparues rapidement. Les scores PASI globaux et les pourcentages de réduction étaient déjà visibles dès la semaine 2, et beaucoup avaient atteint un PASI 75 à la semaine 4. La dose de 12 mg semblait aussi offrir un bon équilibre entre exposition au médicament et réponse, ce qui a conduit les chercheurs à la retenir pour les prochains essais de phase 3.

Autres bénéfices observés

Les personnes sous socrodeucitinib ont également vu une réduction plus importante de la surface de peau touchée, ainsi qu’une amélioration de leur qualité de vie, mesurée par des outils spécifiques aux maladies de la peau, comme le Dermatology Life Quality Index (DLQI). La dose de 12 mg montrait généralement les meilleurs résultats, avec des bénéfices visibles dès la semaine 4 et qui se maintenaient jusqu’à la semaine 12.

Sécurité et effets secondaires

Les effets secondaires étaient fréquents dans tous les groupes, mais restaient le plus souvent légers à modérés. Des événements indésirables ont été rapportés chez 70,0 % des patients sous placebo, 76,2 % dans le groupe 6 mg, et 88,4 % dans le groupe 12 mg. La plainte la plus courante était une infection des voies respiratoires supérieures, dont la fréquence augmentait avec la dose : 7,5 % sous placebo, 16,7 % sous 6 mg, et 23,3 % sous 12 mg.

D’autres effets comme de la fièvre, un ralentissement du rythme cardiaque (bradycardie sinusale) ou un rythme cardiaque irrégulier (arythmie sinusale) ont été signalés, mais restaient généralement légers. Les événements indésirables graves étaient rares. Les chercheurs n’ont pas observé de modifications significatives dans les analyses sanguines concernant la fonction hépatique, le cholestérol et autres lipides, les numérations sanguines ou la fonction rénale.

Au vu de l’équilibre entre bénéfices et effets secondaires, ainsi que des données d’exposition-réponse, l’équipe a choisi la dose de 12 mg une fois par jour pour les essais de phase 3. Ils soulignent cependant que des études plus larges et plus longues sont nécessaires pour mieux évaluer l’efficacité et la sécurité à long terme.

Ce que cela signifie pour les personnes atteintes de psoriasis

Ces résultats laissent penser que le socrodeucitinib pourrait aider de nombreuses personnes souffrant de psoriasis en plaques modéré à sévère, surtout à la dose la plus élevée testée. Toutefois, il s’agit d’un essai relativement petit et de courte durée. Les études de phase 3, plus étendues et plus longues, permettront de confirmer ces résultats et de mieux définir la sécurité du traitement.

Suivre les changements visibles

Si vous surveillez votre peau, garder des photos et des notes sur les plaques rouges, les nouvelles lésions ou des symptômes comme la douleur, les saignements ou des signes d’infection peut vous aider, vous et votre dermatologue, à détecter rapidement toute évolution et à adapter le traitement.

Quand consulter un médecin

Avant de modifier votre traitement, parlez-en toujours avec votre dermatologue ou professionnel de santé. Consultez rapidement si vous remarquez des lésions qui évoluent rapidement, des saignements importants, des douleurs, des signes d’infection ou d’autres symptômes inquiétants.

Avertissement

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas un avis médical. Les décisions de traitement doivent être prises avec votre médecin ou dermatologue. L’étude présentée ici correspond à une phase précoce. Des recherches plus larges et plus longues sont nécessaires pour confirmer ces résultats.

Sources

  1. Han L, Geng S, Ding Y, et al. A randomized phase 2 trial of socrodeucitinib in moderate-to-severe plaque psoriasis. J Eur Acad Dermatol Venereol. Published online July 28, 2026. doi:10.1111/jdv.70643 (Source: J Eur Acad Dermatol Venereol, 2026)
  2. Tokarski JS, Zupa-Fernandez A, Tredup JA, et al. Tyrosine Kinase 2-mediated Signal Transduction in T Lymphocytes Is Blocked by Pharmacological Stabilization of Its Pseudokinase Domain. 2015;290(17):11061-11074. doi:10.1074/jbc.M114.619502 (Source: Journal of Biological Chemistry, 2015)
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